Cyberpoète

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jeudi, juin 21 2018

Marceline Desbordes-Valmore - A celles qui pleurent

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Vous surtout que je plains si vous n'êtes chéries,
Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes soeurs :
C'est à vous qu'elles vont, mes lentes rêveries,
Et de mes pleurs chantés les amères douceurs.

Prisonnière en ce livre une âme est contenue.
Ouvrez, lisez : comptez les jours que j'ai soufferts.
Pleureuses de ce monde où je passe inconnue,
Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers.

Chantez ! Un chant de femme attendrit la souffrance.
Aimez ! Plus que l'amour la haine fait souffrir.
Donnez ! La charité relève l'espérance :
Tant que l'on peut donner on ne veut pas mourir !

Si vous n'avez le temps d'écrire aussi vos larmes,
Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers.
Absoudre, c'est prier ; prier, ce sont nos armes.
Absolvez de mon sort les feuillets entr'ouverts !

Pour livrer sa pensée au vent de la parole,
S'il faut avoir perdu quelque peu sa raison,
Qui donne son secret est plus tendre que folle :
Méprise-t-on l'oiseau qui répand sa chanson ?
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mercredi, juin 20 2018

Guillaume Apollinaire

(1880 - 1918)


Whilhelm Apollinaris de Kostrowisky est né a Rome en 1880, de mère Polonaise et de père Italien. Il vecu tout d'abord a Monaco,  puis a Nice. A 18 ans, il se rend a Paris ou il trouve l'occasion d'accompagner une famille en Allemagne en qualité de précepteur.

Il tombe amoureux de "miss", sa jeune élève anglaise du nom d'Anne Playden. Celle-ci le repousse, il s'imagine alors dans la peau du "mal-aimé".

De retour a Paris, il collabore a diverses revues,  c'est l'heure des rencontres avec Alfred Jarry, Max Jacob et Picasso.

Dès 1907, le poète parvient a vivre de sa plume grâce a son intense activité journalistique. A cette époque, il se lie avec Marie Laurencin.

En 1909, il publie "L'enchanteur pourrissant".

1912 est l'année de sa rupture avec Marie Laurencin, mais surtout de la publication de "Zone" dans "les soirées de Paris".

A partir de 1913, il s'installe dans son appartement du 202 Boulevard St Germain. Se rapprochant de plus en plus de l'avant-garde littéraire et artistique, il défend ardemment la peinture cubiste.

C'est a cette époque qu'il publiera son recueil "Alcools".

1914 est l'année des premiers "calligrammes",  la guerre étant là, il décide de s'engager. C'est aussi a cette période, qu'il nouera une relation éphémères avec Louise de Coligny-Chatillon "Lou". Il en résultera les célèbres "poèmes a Lou".

En 1916, alors qu'il vient d'obtenir la nationalité française, il reçoit un éclat d'obus a la joue droite.

Lentement, me poète se remet de ses blessures, et on le voit reparaitre dans les milieux littéraires.

De jeunes gens se regroupent alors autour de lui, ils ont pour noms : Pierre Reverdy, Philippe Soupault et André Breton. Ils le considèrent comme le maitre de la génération nouvelle.

En 1917 se joue a Paris le drame "surréaliste" (mot créé par Apollinaire) intitulé "les mamelles de Tirésias". Puis parait le recueil "Calligrammes" qui rassemblent des textes écrits, des jeux graphiques.

Deux jours avant l'armistice, Apollinaire quitte ce monde laissant une œuvre novatrice qui inspirera toute la génération des poètes de l'entre deux guerres.

mardi, juin 19 2018

Louis Calaferte - c'est la guerre

Louis Calaferte est un écrivain, un poète, volontairement en marge du système.

né en 1928, mort en 1994, il a produit une œuvre d'écorché, entre révolte et décadence, entre cri et pleurs. Poète maudit, volontairement en retrait, hors d'un monde qu'il décrivait sans détours, Il aurait pu figurer sans le texte de Verlaine si il avait daigné naître quelques siècles plus tôt.

Il faut lire cet auteur hors norme.


Elle est à genoux.
Des coups de poing.
Des coups de pied.
On lui crache dessus.
Un homme la tient par les épaules.
Un homme a une tondeuse à la main.
L'homme tond la femme à genoux.
Les gens crient de joie.
Les cheveux tombent autour de la femme.
La femme pleure.
Les gens crient saleté.
La femme ferme les yeux.
La femme est tondue.
L'homme lui donne des coups de tondeuse sur la tête.
La tête saigne.
Saleté fous le camp.
La femme se relève comme elle peut.
La femme reçoit des coups de pied.
La femme saigne.
La femme est huée.
La femme se met un foulard sur la tête.
Les femmes lui arrachent son foulard.
On tond des femmes partout.

jeudi, juin 14 2018

Guillaume Apollinaire - La chanson du mal aimé

à Paul Léautaud

Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir
Que mon amour à la semblance
Du beau Phénix s'il meurt un soir
Le matin voit sa renaissance.

Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon

Que tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d'égypte
Sa sœur-épouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique

Au tournant d'une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant

C'était son regard d'inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d'une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l'amour même

Lorsqu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lisse
Sa femme attendait qu'il revînt

L'époux royal de Sacontale
Las de vaincre se réjouit
Quand il la retrouva plus pâle
D'attente et d'amour yeux pâlis
Caressant sa gazelle mâle

J'ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux

Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes vœux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvres fameux
Pour elles eussent vendu leur ombre

J'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un cœur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisés

Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir

Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus

Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Je me souviens d'une autre année
C'était l'aube d'un jour d'avril
J'ai chanté ma joie bien-aimée
Chanté l'amour à voix virile
Au moment d'amour de l'année

BEAUCOUP de ces dieux ont péri
C'est sur eux que pleurent les saules
Le grand Pan l'amour Jésus-Christ
Sont bien morts et les chats miaulent
Dans la cour je pleure à Paris

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes

L'amour est mort j'en suis tremblant
J'adore de belles idoles
Les souvenirs lui ressemblant
Comme la femme de Mausole
Je reste fidèle et dolent

Je suis fidèle comme un dogue
Au maître le lierre au tronc
Et les Cosaques Zaporogues
Ivrognes pieux et larrons
Aux steppes et au décalogue

Portez comme un joug le Croissant
Qu'interrogent les astrologues
Je suis le Sultan tout-puissant
ô mes Cosaques Zaporogues
Votre Seigneur éblouissant

Devenez mes sujets fidèles
Leur avait écrit le Sultan
Ils rirent à cette nouvelle
Et répondirent à l'instant
à la lueur d'une chandelle

mercredi, juin 13 2018

Sabina Nedelcheva

Peintre Bulgare, fille de Radi Nedelchev, lui même peintre de style naïf.



mardi, juin 12 2018

Charles Baudelaire - Elevation

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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaîment l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les sombres chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
— Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

lundi, juin 11 2018

Alexandre Pouchkine - Le démon

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Dans les jours où étaient nouvelles pour moi
Toutes les impressions de l'Être —
Et les regards des jeunes filles,
Et le bruissement des forêts,
Et le chant du rossignol la nuit, —
Où les hauts sentiments,
La liberté, la gloire et l'amour,
Et l'inspiration des arts
Troublaient mon sang si fort,
Un mauvais esprit vint me trouver en secret,
Ombrageant d'une mélancolie soudaine
Les heures d'espoirs et de plaisirs.
Ces rencontres étaient tristes :
Son sourire mystérieux,
Ses paroles cyniques,
Versaient un poison glacé dans mon âme.
Par ses mensonges perpétuels
Il bravait le destin ;
Il appelait illusion le Beau ;
Il méprisait l'inspiration ;
Il ne croyait ni en l'amour ni en la liberté —
Il regardait la vie en se moquant
Et rien dans la Nature ne trouvait grâce à ses yeux.

vendredi, juin 8 2018

Boris Vian - L'évadé

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Il a dévalé la colline
Ses pas faisaient rouler les pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l’odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l’accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d’acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l’eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il s’est relevé pour sauter

Pourvu qu’ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps d’atteindre l’autre rive
Le temps de rire aux assassins
Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

Boris Vian, Chansons et Poèmes

- page 1 de 168

La complainte de Mi

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Sur l’île d'Océalys est organisé tout les ans un grand concours de troubadours. Le meilleurs d'entre eux se verra offrir la protection du roi Arl pendant une année.

Peyre, un noble issu de l’île des vertes vallées, rêve de participer au concours, ce qui n'est pas du tout du goût de son père, Pelras, le chef de la ligue des mercenaires, une confrérie de nobles défendant un retour aux valeurs guerrières anciennes.
Le jeune homme décide de fuir le destin tout tracé par son père avec son amie d'enfance Zinèle.

Pendant ce temps, se trame sur Océalys des événements étranges ;
une secte religieuse annonce la venue d'un Élu qui va changer le monde,
un mouvement de révolte parmi des peuples anciens du royaume apparaît autour d'un archer qui sème la terreur,
le propre frère du roi : Jam l'insurgé, complote pour prendre le pouvoir.


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