Cyberpoète

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samedi, avril 23 2016

Léon Makarian

Léon Makarian est un peintre naïf d'origine arménienne, né en 1906 en Arménie et mort en 1990 a Nice.
Ayant quitté son pays en 1922, suite aux persécutions, il débarque a Marseille avec sa famille, en 1925 après un périple de 3 années. 
 
Il passe sa vie a travaillé dans le bâtiment et c'est a l'age de la retraite qu'il peut enfin s'adonner a son art, passion qui ne l'a jamais quitter depuis l’adolescence. Il arrive a obtenir une certaine notoriété. 

Exode



Istanbul



Milan



Pino



Pont Génois


dimanche, avril 17 2016

Primo Levi _ Si c'est un homme

Primo Levi est un écrivain juif italien ayant survécu a la Shoah.

Ce poème est l'introduction de son premier roman "Si c'est un homme". Un texte autobiographique racontant son expérience des camps d'extermination.
Un texte dont on ne sort pas indemne et dont je conseille fortement la lecture. Le récit bouleversant est transcendé par le talent de l'auteur.
Primo Levi a été un témoin direct de l'horreur dont l'homme est malheureusement capable, ce poème placé en exergue du roman est là pour nous rappeler qu'il ne faut pas oublier.




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Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c' est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre -cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.4
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Turin, Janvier 1947, Primo Levi

dimanche, avril 10 2016

Jean de La Fontaine - Le savetier et le finnancier

AVT_Jean-de-La-Fontaine_9654.pjpeg.jpeg

Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :
            C'était merveilles de le voir,
Merveilles de l'ouïr; il faisait des passages,
            Plus content qu'aucun des Sept Sages . 
Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,
            Chantait peu, dormait moins encor.
            C'était un homme de finance.
Si sur le point du jour, parfois il sommeillait,
Le Savetier alors en chantant l'éveillait,
            Et le Financier se plaignait
            Que les soins de la Providence
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,
            Comme le manger et le boire.
            En son hôtel il fait venir
Le Chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire, 
Que gagnez-vous par an ?  Par an ? Ma foi, monsieur,
            Dit avec un ton de rieur
Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière
De compter de la sorte ; et je n'entasse guère
Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin
            J'attrape le bout de l'année :
            Chaque jour amène son pain.
 Et bien, que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
 Tantôt plus, tantôt moins, le mal est que toujours
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes),
Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours
        Qu'il faut chommer (5) ; on nous ruine en fêtes .
L'une fait tort à l'autre ; et monsieur le Curé
De quelque nouveau saint charge toujours son prône.
Le Financier, riant de sa naïveté,
Lui dit : Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône.
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
            Pour vous en servir au besoin.
Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre
            Avait, depuis plus de cent ans
            Produit pour l'usage des gens.
Il retourne chez lui ; dans sa cave il enserre
            L'argent et sa joie à la fois.
            Plus de chant ; il perdit la voix
Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
            Le sommeil quitta son logis,
            Il eut pour hôte les soucis,
            Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l'oeil au guet; et la nuit,
            Si quelque chat faisait du bruit,
Le chat prenait l'argent : à la fin le pauvre homme
S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus.
Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
            Et reprenez vos cent écus.


Nouvelles du XIXe siècle - Les âmes Simples

Pour ceux que cela intéresse, j'ai compilé un premier recueil de nouvelles d'auteurs du XIXe Siècle comprenant,

amessimples.jpgGustave Flaubert
Un cœur simple

Guy de Maupassant
histoire d'une fille de ferme

André Theuriet
Lucile Désenclos (étude de la vie de campagne)

Nicolas Gogol
Un ménage d'autrefois.

Octave Mirbeau
Le bonne.

Léon Tolstoï
Un ménage d'autrefois.

Anton Tchekhov
Volôdia.

vous le trouverez ici

mercredi, avril 6 2016

Guillaume Apollinaire - Zone

Grand souffleur de vers, voici Guillaume Apollinaire.
Victime de la folie meurtrière qui secoua l'europe au début du siecle dernier, l'homme a laissé une empreinte durable sur les poètes modernes.
Ses textes sont a la fois pleins de référence au passé, et parfois d'une actualité surprenante



à LA FIN tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur

Pupille Christ de l'œil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Enoch élie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement élevant l'hostie
L'avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles
à tire-d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D'Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête
L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
Et d'Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine.

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C'est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près

Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté

Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Cœur m'a inondé à Montmartre
Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses
L'amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur

Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le cœur de la rose

épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques

Te voici à Marseille au milieu des pastèques

Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon

Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda

Tu es à Paris chez le juge d'instruction
Comme un criminel on te met en état d'arrestation

Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps
Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté

Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages

Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre cœur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques

Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant

Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant
Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey

Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées

J'ai pitié immense pour les coutures de son ventre

J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie
Tu marches vers Auteuil tu veux allez chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée
Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance
Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances

Adieu Adieu

Soleil cou coupé

dimanche, avril 3 2016

Benjamin Peret - Je ne mange pas de ce pain là


Ecrivain et poète surréaliste, né en 1899 à Rezé et mort a cinquante ans a Paris.

C'est le seul surréaliste à avoir soutenu Breton jusqu’à sa mort et a être rester fidèle a la cause révolutionnaire.

Très engagé politiquement, il passa sa vie a défendre ses idées. Comme la plupart des surréaliste, il s'incrit au parti communiste, et tente avec eux de "changer la vie".
En 1927, il suit son épouse au Brésil, d’où il sera expulsé pour ses activités politiques en 1931. Puis ce fut l'engagement pour au coté des parti ouvriers lors de la guerre d'Espagne en 1936 ou il retrouve Aragon.
De retour a Paris en 1939, il est mobilisé et se fait incarcéré pour ses activités politiques. Libéré sous caution, il réussit a franchir la ligne de démarcation.

Les états unis lui ayant refusé son visa en raison de son engagement politique, il fuit vers le Mexique. Il y restera jusqu'en 1948, avec sa compagne d'alors : la peintre espagnol Remedios Varo
. C'est là qu'il se passionnera pour l'art maya et la culture indiennes

De retour en France, il tentera de relancer le mouvement surréaliste, mais les temps ont changés et l'heure est plus au patriotisme et au héros de la résistance. Et son pamphlet "le déshonneur des poètes" en réaction au texte d'Eluard, Seghers et Lescure :'l'honneur des poètes" lui vaudra d'être mis a l'écart de la communauté littéraire de l"époque.

Il finira sa vie, misérable et esseulé en 1949 a Paris,

Sur sa tombe figure cette épitaphe "Je ne mange pas de ce pain là" en souvenir d'un de ces recueil de textes polémiques.




Un malheur ne vient jamais seul


Les grues sont tombées sur l'amiante
avec leurs mains de poutres
gonflées de gaz étoilés
Un peu plus nous étions seuls
et c'eût été dommage
un lendemain de fête
Ce n'est pourtant pas gai
Une fête non plus
mais Jeanne d'Arc est heureusement morte
et les péniche coulées font l'amour avec elle
Un amour de cheval
qui ferait rire un Turc
A bas les moineaux

LES BELLES MANIÈRES

À la lumière des cravates
on découvre les cœurs
et la saveur salée
des cheveux des servantes
Évente-toi si tu peux
le portier est aux hôtes
et les chats les chiens les cascades et les morts
Dans le port il y a un cerf malade
il a mangé des noix
Sa voix est chaude comme un astre
il regrette les autos des routes
et les poissons d’eau douce
Il a mangé des noix
des noix sans voix et sans chaleur
et sa peau se désole
comme une mine de charbon

extrait "Le grand jeu"



MILLE REGRETS

Du fond du granit qui cache son secret de lichen
sous un clinquant de saltimbanques
encerclant une équipe de lutteurs transis de froid
sous leur vêtement de pince à épiler
émerge une lueur triste de lampe à pétrole qui serait une
chatte
guettant les cicatrices essoufflées du mur
ermite barbu qu’une vaste plaine plantée de conques marines
rapproche des troncs qui l’ont banni
mais isole des banques dont les cloches qu’il n’entend pas
hantent son sommeil peuplé de hanches
flottant dans un vent d’aurore qui lui rend des satins mats
dont la teinte se ravivera vite
pourvu que la chatte esquisse le pas des lanciers
devant sa proie satisfaite d’une goutte d’eau venue de si loin
qu’elle s’affaisse épuisée par la fatigue
de tant de passages du chaud au froid
que l’accordéon expire dans ses bras en projetant un dernier
jet de vinaigre
indispensable à la multiplication des feuilles
qui répètent l’heure à tous les échos

extrait de "A tâtons", 1946

lundi, mars 21 2016

Walt Whitman - O Capitaine

walt-whitman.jpg


Ô Capitaine ! mon Capitaine ! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;

Mais ô cœur ! cœur ! cœur !
Oh ! les gouttes rouges qui lentement tombent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Etendu mort et glacé.

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! lève-toi et entends les cloches !
Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour toi le clairon vibrant,
Pour toi bouquets et couronnes enrubannés - pour toi les rives noires de monde,
Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi ;

Tiens, Capitaine ! père chéri !
Je passe mon bras sous ta tête !
C'est quelque rêve que sur le pont,
Tu es étendu mort et glacé.

Mon Capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,
Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,
Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,
De l'effrayant voyage le bateau rentre vainqueur, but gagné ;

Ô rives, Exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d'un pas accablé,
Je foule le pont où gît mon Capitaine,
Étendu mort et glacé.

lundi, mars 14 2016

Charles-Francois Pannard - Le flacon


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Que mon
Flacon
Me semble bon !
Sans lui,
L'ennui
Me nuit
Me suit
Je sens
Mes sens
Mourants
Pesants.
Qand je le tiens,
Dieux ! que je suis bien !
Que son aspect est agréable !
Que je fais cas de ses divins présents !
C'est de son sein fécond, c'est de ses heureux flancs
Que coule le nectar si doux, si délectable,
Qui rend tous les esprits, tous les coeurs satisfaits.
Cher objet de mes voeux, tu fais toute ma gloire.
Tant que mon coeur vivra, de tes charmants bienfaits
Il saura conserver la fidèle mémoire.
Tantôt dans un caveau, Tantôt sous une treille,
Ma lyre, de ma voix accompagnant le son,
Répétera cent fois cette aimable chanson:
Règne sans fin, ma charmant bouteille;
Règne sans cesse mon cher flacon.

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La complainte de Mi

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Sur l’île d'Océalys est organisé tout les ans un grand concours de troubadours. Le meilleurs d'entre eux se verra offrir la protection du roi Arl pendant une année.

Peyre, un noble issu de l’île des vertes vallées, rêve de participer au concours, ce qui n'est pas du tout du goût de son père, Pelras, le chef de la ligue des mercenaires, une confrérie de nobles défendant un retour aux valeurs guerrières anciennes.
Le jeune homme décide de fuir le destin tout tracé par son père avec son amie d'enfance Zinèle.

Pendant ce temps, se trame sur Océalys des événements étranges ;
une secte religieuse annonce la venue d'un Élu qui va changer le monde,
un mouvement de révolte parmi des peuples anciens du royaume apparaît autour d'un archer qui sème la terreur,
le propre frère du roi : Jam l'insurgé, complote pour prendre le pouvoir.


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