Cyberpoète

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Eclats de Lumières

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jeudi, septembre 9 2010

Réponse de Tahar Ben Jelloun a la politique du gouvernement

Un article très intéressant de l'auteur d'"Hospitalité française" et surtout de quelques chef d'œuvres comme "Moha le fou, Moha le sage"

a lire ici

samedi, juillet 17 2010

L'eternel recommencement


né du monde
il en est la fleur
l'espoir lointain
né du monde
comme moi
comme toi
il espère vivre
mieux que moi
que toi
éternel enfant
en quête de joie
en quête d'amour
né du monde
il en est le début
pour toujours
l'éternel recommencement
l'éternel réincarné
le nouveau né.

mercredi, juin 2 2010

Aragon - La rose et le Réseda

Pour tous les Guy Mocquet de la Terre, ce superbe texte d'Aragon

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
 
 

jeudi, mai 27 2010

Jacques Prevert - Barbara

Un texte superbe du grand Jacques, interprété par les frères du même prénom. Bien sur c'est vieillot pour la jeune génération et ça n'a pas grand chose a voir avec le Métal que j'écoute habituellement, mais la poésie, la vrai dépasse les frontières des préjugés.



Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu a tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu a tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

jeudi, mai 13 2010

Mise a jour vers Ubuntu 10.04 reussie

Je viens de mettre a jour mon Ubuntu de Karmic Koala a Lucid Lynx, pour les non initiés de la version 9.10 à la dernière la 10.04, tout c'est passé à merveille. Presque trop d'ailleurs, car ayant choisi une mise a jour de mon système, plutôt qu'une réinstallation, j'ai retrouvé mon environnement a l'identique de celui que j'avais précédemment. Mince va falloir que j'explore mon système a la recherche des nouveautés !

Ubuntu est véritablement une distribution Linux mature, et après en avoir essayer plusieurs, je dois admettre que c'est celle qui correspond le plus a mes besoins. Simple, opérationnel et stable. Les mise a jour et installation de logiciels supplémentaires se font sans soucis, la configuration est simple, bref c'est pour moi la version de Linux la plus apte a plaire au grand public et aux utilisateurs avertis comme moi (ça fait tout de même 8 ans que j'utilise cet OS....)

Linux a depuis plusieurs année maintenant passé le stade de l'OS pour Geek, même si cette image lui colle à la peau, et c'est pas plus mal. Je ne fais définitivement pas partie des Linuxiens qui voudrait garder Linux dans sa petite sphère, et critique les grosse distrib comme Ubuntu, Fedora ou Mandriva pour leur coté accessible.

Etre puriste, c'est bien, mais c'est bien souvent contre productif. Ubuntu a prouvé qu'elle pouvait être un Linux de référence (énormément de nouvelle distrib sont en fait des dérivés de l'OS de Canonical Inc) tout en gardant un coté grand public. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire de la qualité a s'adressant a tous. Apple l'a bien compris avec ses produits High tech qui bien que cher, élitiste etc. rencontre un succès évident auprès du public. Pourquoi ? Peut être parce qu'ils a la fois Simple, opérationnel et stable, tout en ayant un look bien marqué.

Ubuntu qui est tout cela a la fois, et sans être commercial, est pour moi la meilleur alternative a Microsoft et ses produits non fini.

samedi, mai 8 2010

Ces bienfaiteurs inconnus de l'humanité

Je lis en ce moment "Un monde sans fin" de l'anglais Ken Follet, un roman fleuve comme je les aime. L'écrivain est un maitre du genre, j'avais déjà apprécié "Les piliers de la terre" autre roman dans la même veine historique.

Un des personnages principaux du roman est un charpentier-architecte-artisan de génie, un maitre bâtisseur. Et cela amène le sujet de ce webtext : les architectes, ingénieurs et autres techniciens sans lesquels le monde ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. C'est tout de même paradoxal que dans une société hautement technologique telle que la notre, on fasse si peut de cas de ceux qui en sont le ciment, l'essence. Il est vrai que bien souvent les avancés technologique ne sont pas l'œuvre d'un seul homme, mais d'une équipe, mais une équipe est composé d'homme, et si il s'agit d'un travail collectif, on constate que bien souvent quelques esprits particulièrement ingénieux sont la sève de celle ci.

Autre cause certaine de ce désintérêt pour l'ingénieux : le fait que bien souvent ce sont les sociétés qui les emploie qui occupent le devant de la scène. On va parler d'Apple, de son Ipad, par exemple, mais jamais des hommes qui sont a l'origine de sa genèse. Il faut dire qu'un produit innovant est une somme d'innovation, et qu'il est bien difficile de dire qui a fait quoi au final.

Pourtant a y réfléchir, que serions nous sans les progrès technique des deux derniers sciecle et que serai le monde sans la formidable créativité des Ingénieurs, technicien et artisans ?

jeudi, avril 29 2010

L'art selon Chagall

L'art est un incessant effort de rivaliser avec la beauté d'une fleur, jamais réussi.

Marc CHAGALL


mardi, avril 13 2010

Pierre Reverdy - Tard dans la vie

encore un poème de mon préféré : Pierre REVERDY

Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place ou la foudre a frappé trop souvent
Un cœur ou chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement

mercredi, avril 7 2010

les miroirs

Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images.
Jean Cocteau





les miroirs feraient bien de penser
au lieu de nous vendre le décor
de nos futures illusions

samedi, mars 27 2010

Visage ange

Visage Ange

un ange
passe
dérange
la masse
et ses idées
formatées

vendredi, février 12 2010

Si je gagnait l'Euromilions

Si je touchais l'euromillions, je ferais comme Mark ShuttleWorth, le créateur d'ubuntu, je mettrais une partie de mes gains pour assurer le développement du libre, de Linux et des cette mouvance.

Beaucoup rêvent de châteaux, de voitures, de voyages au tour du monde, moi, non, j'investirais dans le libre, dans la défense de ce modèle économique, de cet état d'esprit. Ça peut paraitre bête, étonnant, bizarre, mais je le pense réellement car, franchement le libre a besoin d'un tel coup de pouce, l'argent est quand même le nerf de la guerre, même pour défendre une telle cause. Et au delà de la guerre entre système d'exploitation, il se cache derrière tout cela deux conception du monde opposé, celle de Microsoft, basé sur le vieux modèle capitaliste, argent gains, profit ; et celle de Linux, basé sur le partage des connaissance, des compétences, des idées. Je ne dit pas que les défenseurs de Linux sont forcement gauchistes, anti capitaliste, mais je suis bien certains qu'ils s'opposent a la marchandisation de la connaissance.

Si je touchais l'EUromilions, ... encore faudrait-il que je joue.

dimanche, janvier 31 2010

Fernando Pessoa

Fernando pessoa est le poète portugais.
Son oeuvre est a la fois multiforme, puisqu'écrite sous diverses identité et pourtant unique.
Il faut lire le livre de l'intranquillité ou le Le Gardien de troupeaux et Le Berger amoureux. Tout ces textes sont plein de nostalgie, proche de fado, de ce sentiment de mélancolie

Il décrit son mal être, sa quète d'identité quelquefois mystique et inclassable. Il fait partie des artistes maudits ayant atteint la gloire, le statut d'écrivain majeur après sa mort. Hormis quelques texte dans des revue, il n'a en effet quasiment rien publié de son vivant. Et pourtant, quel poète, quel artiste !

Pessoa est pour moi le Poète. Il fait partie de ces ecrivain que je mettrais sans me poser de questions dans ma bibliothèque idéale.




Bureau de Tabac

Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée
(et si l'on savait ce qu'elle est, que saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d'une rue au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les pensées,
réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs de moisissure et de cheveux blancs les humains,
avec le destin qui conduit la guimbarde de tout sur la route de rien.

Je suis aujourd'hui vaincu, comme si je connaissais la vérité;
lucide aujourd'hui, comme si j "étais à l'article de la mort,
n'ayant plus d'autre fraternité avec les choses
que celle d'un adieu, cette maison et ce côté de la rue
se muant en une file de wagons, avec un départ au sifflet venu du fond de ma tête,
un ébranlement de mes nerfs et un grincement de mes os qui démarrent.

Je suis aujourd'hui perplexe. comme qui a réfléchi, trouvé, puis oublié.
Je suis aujourd'hui partagé entre la loyauté que je dois
au Bureau de Tabac d'en face, en tant que chose extérieurement réelle
et la sensation que tout est songe, en tant que chose réelle vue du dedans.

J'ai tout raté.
Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien.
Les bons principes qu'on m'a inculqués,
je les ai fuis par la fenêtre de la cour.
Je m'en fus aux champs avec de grands desseins,
mais là je n'ai trouvé qu'herbes et arbres,
et les gens, s'il y en avait, étaient pareils à tout le monde.
Je quitte la fenêtre, je m'assieds sur une chaise. A quoi penser ?

Que sais-je de ce que je serai, moi qui ne sais pas ce que je suis ?
Etre ce que je pense ? Mais je crois être tant et tant !
Et il y en a tant qui se croient la même chose qu'il ne saurait y en avoir tant !
Un génie ? En ce moment
cent mille cerveaux se voient en songe génies comme moi-même
et l'histoire n'en retiendra, qui sait ? même pas un ;
du fumier, voilà tout ce qui restera de tant de conquêtes futures.
Non, je ne crois pas en moi.
Dans tous les asiles il est tant de fous possédés par tant de certitudes !
Moi, qui de certitude n'ai point, suis-je plus assuré, le suis-je moins ?
Non, même pas de ma personne...
En combien de mansardes et de non-mansardes du monde
n'y a-t-il à cette heure des génies-pour-soi-même rêvant ?
Combien d'aspirations hautes, lucides et nobles -
oui, authentiquement hautes, lucides et nobles -
et, qui sait ? réalisables, peut-être...
qui ne verront jamais la lumière du soleil réel et qui
tomberont dans l'oreille des sourds ?

Le monde est à qui naît pour le conquérir,
et non pour qui rêve, fût-ce à bon droit, qu'il peut le conquérir.
J'ai rêvé plus que jamais Napoléon ne rêva.
Sur mon sein hypothétique j'ai pressé plus d'humanité que le Christ,
j'ai fait en secret des philosophies que nul Kant n'a rédigées,
mais je suis, peut-être à perpétuité, l'individu de la mansarde,
sans pour autant y avoir mon domicile :
je serai toujours celui qui n'était pas né pour ça ;
je serai toujours, sans plus, celui qui avait des dons ;
je serai toujours celui qui attendait qu'on lui ouvrît la porte
auprès d'un mur sans porte
et qui chanta la romance de l'Infini dans une basse-cour,
celui qui entendit la voix de Dieu dans un puits obstrué.
Croire en moi ? Pas plus qu'en rien...
Que la Nature déverse sur ma tête ardente
son soleil, sa pluie, le vent qui frôle mes cheveux ;
quant au reste, advienne que pourra, ou rien du tout...

Esclaves cardiaques des étoiles,
nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps,
mais nous nous éveillons et voilà qu'il est opaque,
nous nous éveillons et voici qu'il est étranger,
nous franchissons notre seuil et voici qu'il est la terre entière,
plus le système solaire et la Voie lactée et le Vague Illimité.

(Mange des chocolats, fillette ;
mange des chocolats !
Dis-toi bien qu'il n'est d'autre métaphysique que les chocolats,
dis-toi bien que les religions toutes ensembles n'en apprennent
pas plus que la confiserie.
Mange, petite malpropre, mange !
Puissé-je manger des chocolats avec une égale authenticité !
Mais je pense, moi, et quand je retire le papier d'argent, qui d'ailleurs est d'étain,
je flanque tout par terre, comme j'y ai flanqué la vie.)
Du moins subsiste-t-il de l'amertume d'un destin irréalisé
la calligraphie rapide de ces vers,
portique délabré sur l'Impossible,
du moins, les yeux secs, me voué-je à moi-même du mépris,
noble, du moins, par le geste large avec lequel je jette dans le mouvant des choses,
sans note de blanchisseuse, le linge sale que je suis
et reste au logis sans chemise.

(Toi qui consoles, qui n'existes pas et par là même consoles,
ou déesse grecque, conçue comme une statue douée du souffle,
ou patricienne romaine, noble et néfaste infiniment,
ou princesse de troubadours, très- gente et de couleurs ornée,
ou marquise du dix-huitième, lointaine et fort décolletée,
ou cocotte célèbre du temps de nos pères,
ou je ne sais quoi de moderne - non, je ne vois pas très bien quoi -
que tout cela, quoi que ce soit, et que tu sois, m'inspire s'il se peut !
Mon coeur est un seau qu'on a vidé.
Tels ceux qui invoquent les esprits je m'invoque
moi-même sans rien trouver.
Je viens à la fenêtre et vois la rue avec une absolue netteté.
Je vois les magasins et les trottoirs, et les voitures qui passent.
Je vois les êtres vivants et vêtus qui se croisent,
je vois les chiens qui existent eux aussi,
et tout cela me pèse comme une sentence de déportation,
et tout cela est étranger, comme toute chose. )

J'ai vécu, aimé - que dis-je ? j'ai eu la foi,
et aujourd'hui il n'est de mendiant que je n'envie pour le seul fait qu'il n'est pas moi.
En chacun je regarde la guenille, les plaies et le mensonge
et je pense : « peut-être n'as-tu jamais vécu ni étudié, ni aimé, ni eu la foi »
(parce qu'il est possible d'agencer la réalité de tout cela sans en rien exécuter) ;
« peut-être as-tu à peine existé, comme un lézard auquel on a coupé la queue,
et la queue séparée du lézard frétille encore frénétiquement ».

J'ai fait de moi ce que je n'aurais su faire,
et ce que de moi je pouvais faire je ne l'ai pas fait.
Le domino que j'ai mis n'était pas le bon.
On me connut vite pour qui je n'étais pas, et je n'ai pas démenti et j'ai perdu la face.
Quand j'ai voulu ôter le masque
je l'avais collé au visage.
Quand je l'ai ôté et me suis vu dans le miroir,
J'avais déjà vieilli.
J'étais ivre, je ne savais plus remettre le masque que je n'avais pas ôté.
Je jetai le masque et dormis au vestiaire
comme un chien toléré par la direction
parce qu'il est inoffensif -
et je vais écrire cette histoire afin de prouver que je suis sublime.

Essence musicale de mes vers inutiles,
qui me donnera de te trouver comme chose par moi créée,
sans rester éternellement face au Bureau de Tabac d'en face,
foulant aux pieds la conscience d'exister,
comme un tapis où s'empêtre un ivrogne,
comme un paillasson que les romanichels ont volé et qui ne valait pas deux sous.

Mais le patron du Bureau de Tabac est arrivé à la porte, et à la porte il s'est arrêté.
Je le regarde avec le malaise d'un demi-torticolis
et avec le malaise d'une âme brumeuse à demi.
Il mourra, et je mourrai.
Il laissera son enseigne, et moi des vers.
A un moment donné mourra également l'enseigne, et
mourront également les vers de leur côté.
Après un certain délai mourra la rue où était l'enseigne,
ainsi que la langue dans laquelle les vers furent écrits.
Ensuite mourra la planète tournante où tout cela est arrivé.
En d'autres satellites d'autres systèmes cosmiques, quelque chose
de semblable à des humains
continuera à faire des espèces de vers et à vivre derrière des manières d'enseignes,
toujours une chose en face d'une autre,
toujours une chose aussi inutile qu'une autre,
toujours une chose aussi stupide que le réel,
toujours le mystère au fond aussi certain que le sommeil du mystère de la surface,
toujours cela ou autre chose, ou bien ni une chose ni l'autre.

Mais un homme est entré au Bureau de Tabac (pour acheter du tabac ?)
et la réalité plausible s'abat sur moi tout soudain.
Je me soulève à demi, énergique, convaincu, humain,
et je vais méditer d'écrire ces vers où c'est l'inverse que j'exprime.
J'allume une cigarette en méditant de les écrire
et je savoure dans la cigarette une libération de toutes les pensées.
Je suis la fumée comme un itinéraire autonome, et je goûte, en un moment sensible et compétent,
la libération en moi de tout le spéculatif
et la conscience de ce que la métaphysique est l'effet d'un malaise passager.

Ensuite je me renverse sur ma chaise
et je continue à fumer
Tant que le destin me l'accordera je continuerai à fumer.

(Si j'épousais la fille de ma blanchisseuse,
peut-être que je serais heureux.)
Là-dessus je me lève. Je vais à la fenêtre.

L'homme est sorti du bureau de tabac (n'a-t-il pas mis la
monnaie dans la poche de son pantalon?)
Ah, je le connais: c'est Estève, Estève sans métaphysique.
(Le patron du bureau de tabac est arrivé sur le seuil.)
Comme mû par un instinct sublime, Estève s'est retourné et il m'a vu.
Il m'a salué de la main, je lui ai crié: "Salut Estève !", et l'univers
s'est reconstruit pour moi sans idéal ni espérance, et le
patron du Bureau de Tabac a souri.

samedi, janvier 9 2010

La jeunesse

La jeunesse ne se mesure pas seulement a l'age de nos artères.

Bien des jeunes gens ont une tournure d'esprit si rigide que leur vie intellectuelle sent le cadavre. Ils sont tellement entré dans le moule social qu'il n'est plus guère possible d'en faire autre chose que des statues de style antique. Des copies conformes de leurs parents, ancètres, ou modèles.

Ils sont des monuments érigés à la gloire du politiquement correct.

Ce n'est pas vraiment un problème en soi, chacun se fige quand il le désire, sauf quand .. ces jeunes gens vous narguent avec leur age, vous faisant passer pour des antiquités.

C'est un peu comme si la copie d'un tableau renaissance se moquait d'un Picasso sous prétexte que le copieur l'a crée après le dit Picasso.

La jeunesse, la vraie se mesure au degré de compromission que nous sommes près a avoir pour s'oublier. Ou plutôt, on commence a vieillir quand les rêves de la société commencent a remplacer les nôtres. C'est en tout cas ma conception des choses et de mon point de vue, bien des enfants sont déjà très très vieux. Ils sont tellement formatés qu'il n'y a pas grand chose de novateur a en tirer.

C'est bien dommage car le monde a vraiment besoin de nouveauté, de fraicheur, pas de petits soldats gardiens de la bonne pensée.

dimanche, janvier 3 2010

De la parité

La parité homme femme ne pourra être pleine et entière qu'a partir du moment où les hommes ne seront plus mis a l'écart de l'éducation des enfants. Cela a des conséquences sociales, surtout pour les petits garçons qui inconsciemment mémorise le fait que ce sont les mamans qui s'occupent des enfants, les hommes étant occupés par des activités plus "viriles".

Mon propos risque peut-être de surprendre, voir de choquer, mais prenez la peine d'y réfléchir. 

J'affirme que dans notre société, l'homme est encore trop souvent mis inconsciemment a l'écart de l'éducation des enfants, et que si il ne va pas par lui même s'imposer dans celle ci, il n'aura pas le droit de citer. Ou si peu... On le cantonne bien souvent a un rôle d'amuseur public ou de gendarme. Et le pire, c'est que la plupart des mâles s'en accommode très bien.

On le voit bien dès qu'une séparation a lieu, la plupart du temps la garde est confiée à la mère avec pour le père le rôle de porte monnaie et de nounou le week end. Il y a d'ailleurs beaucoup d'hommes qui accepte cela sans broncher, pensant que c'est normal ou plutôt que c'est la tradition.

C'est bien dommage, car on se retrouve dans une situation ou personne n'est satisfait, enfants, père et mère, et surtout ça n'arrange pas du tout la situation des femmes, qui si elles "gagnent" le droit d'élever leurs enfants, perdent a coté leurs chances de devenir l'égal de l'homme, puisqu'elles sont traitées différemment.

La parité voudrait qu'après une séparation, la garde des enfants soient alternée dans la mesure du possible. C'est plus compliqué a mettre en œuvre, Ça oblige les "séparés" a une entente, ça oblige les pères a s'impliquer dans l'éducation de leur progéniture, et ça oblige les femmes a sortir de ce rôle de mère imposé par l'éducation et la société pour mieux les museler.

Tout cela peu sembler être un combat d'arrière garde, face aux droits qu'on encore a acquérir les femmes pour être sur un pied d'égalité avec les hommes, mais c'est en fait la base, les fondations qui stabiliseront leurs acquis sociaux présents et futurs.

jeudi, décembre 31 2009

voeux en forme de souhaits

bonne et heureuse année deux mille dix a tous les rêveurs, a tous les fous, a tous les révoltés

bonne et heureuse année a tous ceux qui n'ont pas baissés les bras face aux inégalites, aux injustices et autres absurdités d'un monde humain mais tellement inhumain au fond

bonne santé a tous les combattants de la liberté, a tous les engagés de l'armée des bonnes âmes, pour ne pas dire du salut

plein de bonnes choses a tout les enfants et a ceux qui ont gardé une âme juvénile, une âme libre et pleine d'imagination.

et puis, bonne année a tous les autres car, a près tout, on n'est pas des sauvages.

mardi, décembre 22 2009

Microsoft enfn pénaliser

pour ses méthodes plus que douteuses, (voir ici ou ) je suis même plutôt surpris que ce type de condamnation n'ai pas été prononcé avant.

la plupart des produit de la firme de Redmond sont très fortement inspirés par ce qui se fait chez la concurrence (par exemple l'évolution d'IE qui suit étrangement celle de Firefox), ce n'est pas forcement condamnable, ce qui l'est c'est cette tendance a s'approprier des idées venues d'ailleurs pour anéantir la concurrence au lieu de jouer le jeux des produits libres qui redistribuent largement leur idées eux....

Ne soyons pas dupes, je suis persuadé que le géant de l'informatique, va trouver le moyen de bluffer son monde et contourner la condamnation, mais c'est bon pour le symbole.

Les copieurs, qu'elle que soit leur pouvoir financiers, doivent au moins avoir la décence de donner une contrepartie aux créateurs de produits copiés.

Car qui croit encore de Micro$ est créateur de produits innovants ? bon commercial certes, mais certainement pas a la pointe du progrès.

lundi, décembre 14 2009

promesse faite à 17 ans

On est pas serieux quand on a 17 ans, disait le poète en son temps. Peut-être avait-il raison.

Je me souviens qu'a cet age ingrat, j'avais, avec quelques-uns de mes amis d'alors, fait la promesse de ne jamais oh grand jamais, acheter d'album de Johnny Halliday.

Nous avions en horreur ce qu'il représentait, de sa musique pseudo-rock, copie de succès américains.

A cet age, aux prémisses d'une vie d'adulte, Johnny était pour nous l'incarnation du beauf, de cette France qui se rassure avec des "nous avons nous aussi notre Elvis". De cette France qui a loupé la révolution pop'n'rock et se rachète une image en créant un rockeur-copieur local.

C'est con, mais je fais partie de la génération Téléphone, Thiéfaine, Higelin, sans parler de Ange.

Pour nous Johnny c'était de la soupe face au débordements créatifs de ceux ci.

Il y a maintenant 17 ans que je n'ai plus 17 ans, et si je n'ai pas changé d'avis quand a la musique de Johnny, j'ai appris a respecter le personnage, a respecter son charisme. Il fait partie selon moi des artistes qui ne sont peut-être pas de grand créateurs, des novateurs, mais qui ont su rester humain, proche de leur public.

Je n'achèterais toujours pas d'album de Johnny (faut pas trop en demander tout de même), mais je dis tout de même chapeau l'artiste, car a 2 fois 17 ans on est un peu moins extrémiste, et peut être un peu plus serieux (?)

samedi, novembre 14 2009

Les rues de Paris ne sont plus sures, un classique

samedi, octobre 31 2009

Un grand cru

Aujourd'hui, installation et test du nouvel Ubuntu, le 9.10, et j'en suis encore tout retourné.

Plus j'utilise Ubuntu, plus j'aime ce système et moins je comprend l'obstination des masses a utiliser Windaube et son cortège d'emmerdes ennuis en tout genre. Il ne s'agit pas jouer les trolls, de faire de la polémique gratuite, mais d'une réelle incompréhension. 

Ubuntu est un OS plus que mature qui tourne a merveille, et en perpétuelle amélioration. Et au niveau convivialité, il n'a strictement rien a envier au systèmes Microsoft, et même MacOS.





Bref, je vous invite tous a essayer Ubuntu, laissez vous surprendre ...

lundi, septembre 21 2009

Henri Michaux - Mon Roi

un texte du grand poète Michaux qui mériterait d'être un peu plus connu.

Dans ma nuit, j'assiège mon Roi, je me lève progressivement et je lui tords le cou.

Il reprend des forces, je reviens sur lui, et lui tords le cou une fois de plus.

Je le secoue, et le secoue comme un vieux prunier, et sa couronne tremble sur sa tête.

Et pourtant, c'est mon Roi, je le sais et il le sait, et c'est bien sûr que je suis à son service.

Cependant dan sla nuit, la passion de mes mains l'étrangle sans répit. Point de lâcheté pourtant, j'arrive les mains nues et je serre son cou de Roi.

Et c'est mon Roi, que j'étrangle vainement depuis si longtemps dans les secret de ma petite chambre ; sa face d'abord bleuie, après peu de temps redevient naturelle, et sa tête se relève, chaque nuit, chaque nuit.

Dans le secret de ma petite chambre, je pète à la figure de mon Roi. Ensuite j'éclate de rire. Il essaie de montrer un front serein, et lavé de toute injure. Mais je lui pète sans discontinuer à la figure, sauf pour me retourner vers lui et éclater de rire à sa noble face, qui essaie de garder de la majesté.

C'est ainsi que je me conduis avec lui ; commencement sans fin de ma vie obscure.

Et maintenant je le renverse par terre, et m'assied sur sa figure. Son auguste figure disparaît ; mon pantalon rude aux tâches d'huile, et mon derrière -puisque enfin c'est son nom- se tiennent sans embarras sur cette face faite pour régner.

Et je ne me gêne pas, ah non, pour me tourner à gauche et à droite, quand il me plaît et plus même, sans m'occuper de ses yeux ou de son nez qui pourrait être dans le chemin. Je ne m'en vais qu'une fois lassé d'être assis.

Et si je me retourne, sa face imperturbable règne, toujours.

Je le gifle, je le gifle, je le mouche ensuite par dérision comme un enfant.

Cependant il est bien évident que c'est lui le Roi, et moi son sujet, son unique sujet.

A coup de pied dans le cul, je le chasse de ma chambre. je le couvre de déchets de cuisine et d'ordures. Je lui casse la vaisselle dans les jambes. Je lui bourre les oreille de basses et pertinentes injures, pour bien l'atteindre à la fois profondément et honteusement, de calomnies à la Napolitaine particulièrement crasseuses et circonstanciées, et dont le seul énoncé est une souillure dont on ne peut plus se défaire, habit ignoble fait sur mesure : le purin vraiment de l'existence.

Eh bien il me faut recommencer le lendemain.

Il est revenu ; il est là. Il est toujours là. Il ne peut pas déguerpir pour de bon. Il doit m'imposer sa maudite présence royale dans ma chambre déjà si petite.

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