Ecrivain et poète surréaliste, né en 1899 à Rezé et mort a cinquante ans a Paris.

C'est le seul surréaliste à avoir soutenu Breton jusqu’à sa mort et a être rester fidèle a la cause révolutionnaire.

Très engagé politiquement, il passa sa vie a défendre ses idées. Comme la plupart des surréaliste, il s'incrit au parti communiste, et tente avec eux de "changer la vie".
En 1927, il suit son épouse au Brésil, d’où il sera expulsé pour ses activités politiques en 1931. Puis ce fut l'engagement pour au coté des parti ouvriers lors de la guerre d'Espagne en 1936 ou il retrouve Aragon.
De retour a Paris en 1939, il est mobilisé et se fait incarcéré pour ses activités politiques. Libéré sous caution, il réussit a franchir la ligne de démarcation.

Les états unis lui ayant refusé son visa en raison de son engagement politique, il fuit vers le Mexique. Il y restera jusqu'en 1948, avec sa compagne d'alors : la peintre espagnol Remedios Varo
. C'est là qu'il se passionnera pour l'art maya et la culture indiennes

De retour en France, il tentera de relancer le mouvement surréaliste, mais les temps ont changés et l'heure est plus au patriotisme et au héros de la résistance. Et son pamphlet "le déshonneur des poètes" en réaction au texte d'Eluard, Seghers et Lescure :'l'honneur des poètes" lui vaudra d'être mis a l'écart de la communauté littéraire de l"époque.

Il finira sa vie, misérable et esseulé en 1949 a Paris,

Sur sa tombe figure cette épitaphe "Je ne mange pas de ce pain là" en souvenir d'un de ces recueil de textes polémiques.




Un malheur ne vient jamais seul


Les grues sont tombées sur l'amiante
avec leurs mains de poutres
gonflées de gaz étoilés
Un peu plus nous étions seuls
et c'eût été dommage
un lendemain de fête
Ce n'est pourtant pas gai
Une fête non plus
mais Jeanne d'Arc est heureusement morte
et les péniche coulées font l'amour avec elle
Un amour de cheval
qui ferait rire un Turc
A bas les moineaux

LES BELLES MANIÈRES

À la lumière des cravates
on découvre les cœurs
et la saveur salée
des cheveux des servantes
Évente-toi si tu peux
le portier est aux hôtes
et les chats les chiens les cascades et les morts
Dans le port il y a un cerf malade
il a mangé des noix
Sa voix est chaude comme un astre
il regrette les autos des routes
et les poissons d’eau douce
Il a mangé des noix
des noix sans voix et sans chaleur
et sa peau se désole
comme une mine de charbon

extrait "Le grand jeu"



MILLE REGRETS

Du fond du granit qui cache son secret de lichen
sous un clinquant de saltimbanques
encerclant une équipe de lutteurs transis de froid
sous leur vêtement de pince à épiler
émerge une lueur triste de lampe à pétrole qui serait une
chatte
guettant les cicatrices essoufflées du mur
ermite barbu qu’une vaste plaine plantée de conques marines
rapproche des troncs qui l’ont banni
mais isole des banques dont les cloches qu’il n’entend pas
hantent son sommeil peuplé de hanches
flottant dans un vent d’aurore qui lui rend des satins mats
dont la teinte se ravivera vite
pourvu que la chatte esquisse le pas des lanciers
devant sa proie satisfaite d’une goutte d’eau venue de si loin
qu’elle s’affaisse épuisée par la fatigue
de tant de passages du chaud au froid
que l’accordéon expire dans ses bras en projetant un dernier
jet de vinaigre
indispensable à la multiplication des feuilles
qui répètent l’heure à tous les échos

extrait de "A tâtons", 1946