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poesies › Gerard Manset

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samedi, mars 9 2013

Manset le Poète

Gerard Manset est un OVNI dans le paysage médiatique francais. Il est un des rares artistes a pouvoir vendre des disques sans faire de tapage, pas de concert, peu de radio, aucune apparitions Télévisuel.
Il a son public de fidèle dont je fais parti. C'est à mon sens un poète, un artificier des mots et des sons, un esthète qui se suffit a lui même sans avoir besoin de justifier continuellement sa démarche artistique.
L'homme est secret, énigmatique. Ses textes sont limpides, écorché, plein de nostalgie, de mal être et pourtant lumineux.

Il m'accompagne depuis les superbe album "comme un guerrier", "Lumières", et surtout "Royaume de Siam" que j'ai du racheté au moins 3 fois sur divers support au fil des "évolutions" technique, sans jamais m'en lasser.
C'est difficile a comprendre pour les non amateurs. Manset est comme Murat ou Thiéfaine, on aime ou on aime pas.






Manset - Comme un Guerrier


Comme un guerrier
Qui perd son bras,
Son œil au combat,
A chercher le choc,
Fendre le roc
Comme un guerrier qui tombe.
 
Un pied dans la tombe,
On se fait mal
Et sifflent les balles,
Le vent, la mitraille,
Le pont, les rails.
Dessous la riviêre
Rapide et fière
Rapide et fière.
 
Une barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec ses cheveux noirs,
Ses dents d’ivoire.
On a rien à se dire.
Ensemble, on va fuir,
Ensemble, on va fuir.
 
Comme un guerrier,
Le crâne bandé,
Qu’a plus qu’une heure à vivre
Sur la toile du sac,
Quand la fiêvre monte
Au fond du hamac,
C’est comme un guerrier qui raconte sa vie.
 
Nous prendrons nos fusils,
Marcherons sur l’Asie
Afin de voir s’ils sont heureux,
Afin de voir s’ils sont heureux.
 
Comme un guerrier,
Condamné, condamné,
Le crâne rasé,
Sous la pluie, l’averse,
Y a le pont qui traverse.
Dessous la riviêre,
Rapide et fière.
 
La barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec les fusils,
De la poudre et du plomb.
Et y a le garçon blond
Qu’on traîne avec soi
Malgré ses cheveux de soie.
 
Nous prendrons nos fusils.
Nous savons nous battre aussi
Afin de voir s’ils sont heureux,
Afin de voir s’ils sont heureux.
 
Comme un guerrier
Qui perd son bras,
Son œil au combat
Mais quand tu t’éveilles,
Que tu vois la bouteille,
La lampe brisée
Sous la moustiquaire,
 
Alors, t’as perdu la guerre
Et l’indienne est partie.
Elle a jamais vu la mer.
Tu lui avais promis.
Elle en a marre de la misère.
Elle voulait voir les lumières de la ville.
Elle voulait voir les lumières de la ville.
 
Comme un guerrier
Condamné, condamné,
Avec son œil de verre
Mangé par les vers,
Percé de flêches empoisonnées,
Condamné, condamné,
Avec les ailes brisées.
 
Tu resteras seul
Avec des mouches plein la gueule,
Les semelles collées
Tu sentiras dans ton dos
Glisser les anneaux
Du serpent froid
Ce s’ra la derniêre fois.
 
Sur la grande riviêre,
Le paradis sur la Terre.
T’as l’indienne qui court,
Qui hurle à l’amour,
Aux pierres aux ronces,
Et qu’a pas de réponse,
Et qu’a pas de réponse.
 
Alors, tu te sens si vieux,
La main devant les yeux.
Le mal te guette
Et ce soir peut-être,
Sous le million d’étoiles,
A pleurer sur le sac de toile,
A pleurer sur le sac de toile.




Entrez dans le rêve

Ramenez le drap sur vos yeux et
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée
Quand le jour s’achève,
Voir les couleurs, voir les formes,
Enfin marcher pendant que les autres dorment,
Voir les couleurs, voir les formes.
Les villes sont des villes bordées de nuit
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours, dans votre dos, la peur vous suit.

Ramenez le drap sous vos yeux et
Entrez dans le rêve.
Allumez l’écran merveilleux
Quand le jour s’achève.
Retrouver l’amour blessé
Au fond du tiroir où on l’avait laissé,
Retrouver l’amour blessé,
Découper le monde à coup de rasoir
Pour voir au cœur du fruit le noyau noir.
La vie n’est pas ce qu’on nous fait croire.
La vie n’est pas la vie.

La vie n’est pas ce qu’on nous fait croire.
Mieux vaut le drap du désespoir
Puisque la vie n’est pas ce qu’on nous fait croire alors
Mieux vaut le drap du désespoir.
Ramenez le drap sur vos yeux.
Allumez l’écran merveilleux,
Quand le jour s’achève.

dimanche, juin 6 2010

Manset le solitaire genial

J'ai trouvé sur Dailymotion ce reportage sur Manset, avec interview de l'artiste.
Cet homme est un artiste rare, reconnu par la profession et pourtant d'une discrétion, d'une humilité dont certain devraient en prendre de la graine.





L'homme est avant tout un voyageur, un découvreur du monde, en quête de soi et attentif au autres. C'est une sorte de troubadour moderne, toujours en mouvement, à la fois dans et hors du monde.

Sa musique est très construite, c'est un arrangeur de génie, il y a une patte Manset, c'est indéniable. Le mélange guitare piano tel que le pratique l'artiste est reconnaissable entre mille. Il y a indéniablement un style Manset et c'est certainement ce que j'appelle un artiste, c'est a dire un homme qui a une vision du monde personnelle qu'il sait faire partager à sa façon, originale.

vendredi, juin 20 2008

Manset le poète II

Un peu de poésie dans ce monde de brute, avec ce superbe morceau de Manset, un pur chef d'œuvre, aussi bien musicalement qu'au niveau du texte. A écouter sans modération.






Rien qu'un enfant triste
Qui sait qu'il existe,
Un navire ancré dans le ciel
Qui vit dans l'ombre du soleil,
Une table mise au centre d'une vie nouvelle.

Un jardin désert,
Une ville en verre
Qu'elle lui couvre les épaules,
A cheval sur un tas de tôles,
Qu'elle soit pour lui, la vue, la vie et la parole.

Un escalier vide.
Son sang se vide.
Dans une cage on le glisse.
Les murs sont blancs, les murs sont lisses.
Qu'il ferme les yeux, qu'il meure en l'année
Deux-mille-huit-cent-soixante-dix.

Rien qu'un enfant triste
Qui sait qu'il existe,
Un navire ancré dans le ciel
Qui vit dans l'ombre du soleil,
Qui n'entendra jamais l'appel
De vie, de mort ou de détresse.

Une tour immense,
Le froid, le silence,
Des cris de haine et de vengeance,
Le navire qui se balance,
Un million d'années lumière plus loin
Qu'un enfant triste sans défense.

Rien qu'un enfant triste
Tombé sur la piste
Qui mène en haut de l'édifice,
La peau tendue, le ventre lisse,
Qu'il ferme les yeux, qu'il meure en l'année
Deux-mille-huit-cent-soixante-dix.