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poesies › Leopold Sedar Senghor

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dimanche, avril 29 2012

Léopold Sédar Senghor

Léopold Sédar Senghor est un poète sénégalais, connu pour avoir été le premier président de la république du Sénégal et aussi le premier africain à avoir siégé à l’académie française.

Né en 1906 à Joal au Sénégal et mort en France en 2001 à Verson, il est l'une des grandes figures de la poésie africaine. 

Sa vie peu se diviser en plusieurs grandes périodes.

Tout d'abord il y a l'enfance et la jeunesse au Sénégal jusqu"en 1928 dans une famille aisée de l'aristocratie Sérère.

Puis le départ en France en 1928 pour poursuivre ses études C'est pendant ses années qu'il liera d'amitié avec Georges Pompidou et rencontrera Aimé Césaire.

Après ses études brillantes, il exercera comme professeur de lettre moderne jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Pendant la guerre, il est enrôlé comme fantassin puis fait prisonnier. 
Libéré en 1942, il participe à la résistance.

Après le guerre, il reprend son métier d'universitaire, et entre en politique, tout d'abord comme député de Sénégal Mauritanie à l'assemblée nationale française. Puis, en 1960, il est élu premier président de la jeune république du Senégal, fonction qu'il exercera jusqu"à sa démission en 1980.

En 1983, il est élu à l'académie Française et entame la dernière période de sa vie jusqu’à sa mort en Normandie en 2001. 

Senghor fut l'auteur d'une poésie incantatoire,  d'une oeuvre, qui comme celle de Césaire, a largement contribué à redonner sa fierté à l'homme noir. Il fut d'ailleurs l'un des fervents défenseur de la négritude et participa à la création de la revue "L'étudiant Noir" avec Césaire et Gontran (un poète guyanais). 



Femme nue, femme noire

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

(Chant d'Ombre)

prière aux masques

Masques! Ô Masques!
Masques noirs masques rouges, vous masques blanc-et-noir
Masques aux quatre points d’où souffle l’Esprit
Je vous salue dans le silence!
Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane
Vous distillez cet air d’éternité où je respire l’air de mes Pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute ride
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l’autel de papier blanc
A votre image, écoutez-moi!
Voici que meurt l’Afrique des empires – c’est l’agonie d’une princesse pitoyable
Et aussi l’Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l’on commande
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présents à la renaissance du Monde
Ainsi le levain qui est nécessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines et des canons?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l’aurore?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l’homme aux espoirs éventrés?
Ils nous disent les hommes du coton du café de l’huile
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds
reprennent vigueur en frappant le sol dur
(chant d'ombre)

samedi, mai 14 2011

Léopold SEDAR SENGHOR - Poème à mon frêre blanc

(honte a moi, je viens de découvrir que ce poème était du grand Senghor)



Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

Léopold SEDAR SENGHOR