louise-labe.jpgLouise Labé est poétesse lyonnaise du 16e siècle surnommée "la belle cordière", car elle est la fille d'un cordier, et se maria elle même a un riche cordier, ce qui lui permis de se consacrer a sa passion des arts et des lettres.

Avec Maurice Scève et Pernette du Guillet, elle fait parie de l'école Lyonnaise.

C'est une époque riche pour la poésie française avec Du Bellay, Ronsard, et le mouvement de "la pléiade". 

Louise collabora avec les poètes de son temps notamment Olivier de Magny, elle fut aussi très féru de renaissance italienne.

On connaît peu de chose de sa vie personnelle, seule reste son œuvre qui montre qu'elle fut une femme sensible et libre en un temps ou la condition féminine était loin d'être facile.

Sonnet VIII "Je vis, je meurs.."
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

XVIII « Baise m'encor, rebaise moy et baise : … »
Donne m’en un de tes plus savoureus,
Donne m’en un de tes plus amoureus :
Je t’en rendray quatre plus chaus que braise.
Las, te pleins tu ? ça que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereuse
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l’un de l’autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :
Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.