Marie de France est un poétesse qui vécue au moyen age, pendant la période la plus lumineuse de cette époque méconnue : le XIIe siècle.
On sait peut de chose de sa vie, si ce n'est qu'elle est la première écrivaine d'expression française connue. Elle était lié a la cour d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt.
Elle s'illustra dans l'art de la Fable et le lai, sorte de conte narratifs chanté typique du moyen age.



Le Lion malade
(francais moderne)

Un Lion (le conte en fut écrit),
Brisé par l'âge et affaibli,
Toujours malade et alité,
N'espérait plus se relever.
Les bêtes, s'assemblant un jour,
Allèrent le voir à la cour.
Beaucoup avaient pitié de lui,
D'autres n'en avaient nul souci ;
Tel n'y allait que pour le don
Dû pour la succession du Lion
Et beaucoup venaient s'enquérir
S'il pourrait encore guérir.
Le Bouc, lui, d'un coup, l'encorna
Et l'Âne, ne le craignant pas,
Lui rua droit dans la poitrine.
Le Renard vint, mine chafouine,
Et il lui mordit les oreilles.
Le Lion dit : "O sort sans pareil !
Je me souviens que, de mon temps,
Quand j'étais jeune et bien portant,
Tous ici avaient peur de moi
Et m'honoraient comme leur Roi.
Etais-je en joie, ils étaient gais ;
Etais-je en colère, ils tremblaient.
Pour lors, me voyant affaibli,
Ils me font tort et m'humilient,
Et c'est pire infamie, je crois,
Venant de ces amis à moi
Qui me durent honneurs et biens
Et ne s'en souviennent en rien
Que venant de mes ennemis :
Le Lion sans force a peu d'amis."

Pour illustrer ces conclusions
Prenons donc l'exemple du Lion :

Qui vient à perdre sa puissance,
Sa force et son intelligence
Se voit souvent fort mal traité
Par ceux même qui l'ont aimé.

Dou Lion malade et dou Goupil.
(version originale)

D'un hume voil ici mustrer
E par essample ramembrer;
De ses mains cunte et de ses piez
Et de sun chief qui ert iriez,
Envers sun ventre k'il purta
Por lur gaaing que il gasta
Qant il ne volst rien traveillier
Se li tolirent le mengier.
Mais kant li ventres géuna
Hastivement s'afébloia,
E mains è piez, qu'il ne pooient
Si traviller cum il suloient.
Qant le grant fobleté sentirent,
Mangier è boivre au ventre uffrirent.
Mais trop l'orent fet géuner
Si qu'il ne pooit riens guster ;
Li ventres revet au neent
E mains è piez tut ensement.

MORALITÉ.

Cest essample puet-om véoir.
Chascuns franz-bums le doit savoir,
Nus ne puet mie aveir honour
Qui hunte fet à sengnour,
Ne li sires tut ensement
Pur qu'il voille honir sa gent
Se l'uns à l'altre en ert fallis
Andui en èrent mal-ballis

Quelques Liens :

Le fablier de Marie de France