Phèdtre est un fabuliste Thrace (région des Balkans située entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie) qui vécu a Rome environ de15 avant JC à environ 50 après JC après y avoir été amené comme esclave.

On connait peu de choses de sa vie en dehors d'indice parsemés dans son oeuvre. Les manuscrits le disent "affranchi d'Auguste". Quoiqu'il en soit, il trouva le moyen de se former a l'écriture et au latin qui n'est pas sa langue natale. 

Il choisit la fable comme mode d'expression, inspiré par un autre Thrace célèbre : Esope. 

Il inspira a son tour La Fontaine, notamment en mettant en scènes des animaux, bien que son oeuvre soit aussi emplie d'anecdotes, et de satires de son temps ce qui lui valut l'inimitié de quelques puissants et certainement l'exil.





REPENTE CALVUS

A feminis utcumque spoliari viros,
Ament, amentur, nempe exemplis discimus.

Ætatis mediæ quendam mulier non rudis
Tenebat, annos celans elegantia,
Animosque eiusdem pulchra juvenis ceperat.
Ambæ, videri dum volunt illi pares,
Capillos homini legere coepere invicem.
Qui se putaret fingi cura mulierum,
Calvus repente factus est; nam funditus
Canos puella, nigros anus evellerat.

(traduction

L’HOMME TOUT A COUP DEVENU CHAUVE

Aimant, aimés, les hommes sont toujours la dupe des femmes: il en est maint exemple.

Une femme très adroite, cachant ses années par la toilette, captivait un homme de moyen âge. Une autre, jeune et belle, avait aussi pris son cœur. Toutes deux, voulant le mettre à l’unisson de leur âge, se mirent à choisir ses cheveux et à les arracher. Notre homme croyait qu’on arrangeait sa chevelure, mais tout à coup il se trouva chauve: car la jeune avait enlevé tous les blancs, et la vieille tous les noirs.)


GUBERNATOR ET NAUTÆ

Cum de fortunis quidam quereretur suis,
Æsopus finxit consolandi hoc gratia.

Vexata sævis navis tempestatibus
Inter vectorum lacrimas et mortis metum,
Faciem ad serenam ut subito mutatur dies,
Ferri secundis tuta cœpit flatibus
Nimiaque nautas hilaritate extollere.
Factus periclo sic gubernator sophus:
Parce gaudere oportet et sensim queri,
Totam quia uitam miscet dolor et gaudium.

(traduction :

LE PILOTE ET LES MATELOTS

Un homme se plaignait du triste état de sa fortune. Esope, pour le consoler, inventa cet apologue.

Un navire était battu par une tempête furieuse; l’équipage en pleurs ne voyait plus que la mort, lorsque soudain le temps change, redevient serein; et le bâtiment, hors de danger, est poussé par des vents favorables. Les Matelots se livrent aux transports d’une joie excessive. Mais le Pilote, que le péril avait rendu sage, leur dit: « Il faut être modéré dans la joie, comme dans les plaintes; car la vie entière n’est qu’un mélange de douleurs et de plaisirs. » )