Louis Aragon est né le 3 octobre 1897 à Paris. Il y meurt le 24 décembre 1982.

Entre ces deux dates, la vie d’un homme, d’un homme hors du commun.

Une vie en quête de vérité, de sa vérité.

Une vie qui a commencée par un mensonge, celui de sa naissance.

Avec sa mère

 

Son père : Louis Andrieux, 57 ans, un notable, procureur de la république à Lyon, puis député, préfet de police, et ambassadeur de France en Espagne.

Sa mère : Marguerite Toucas, 24 ans. Elle fera passer Aragon pour le fils adoptif de sa mère et Andrieux pour son parrain.

L’enfance se passe à Paris puis à Neuilly ou sa tient une pension de famille.

Après son baccalauréat latin-sciences, il s’inscrit à la faculté de médecine en 1916, il est affecté au Val de grâce. Nommé médecin auxiliaire en 1918, il part pour le front. C'est à cette époque que Louis Andrieux et sa mère lui avoue le secret de ses origines.

Il publie son premier poèmes « soif de l’ouest » dans le numéro de mars de Nord-Sud, revue fondée par Pierre Reverdy. Puis en juin, il part pour le front. En août, il est cité a l’ordre du régiment et reçoit la croix de guerre.

C’est pendant cette période qu’il rencontrera Breton, lui aussi médecin. Tout deux passerons des nuits a lire Lautréamont. Plus tard, après la guerre, après Dada, ils fonderont le mouvement surréaliste avec Philippe Soupault.

En 1920, Tzara, le maître du Dadaïsme arrive a Paris. Les trois jeunes gens s’enflamment pour cette révolte contre l’ordre établi. Aragon publie « Feu de Joie ». Soupault et Breton publie « les champs magnétiques ». C’est aussi l’époque ou, avec Breton, il essaie en vain d’adhérer au parti communiste.

Le premier roman, « Anicet ou le panorama » paraît. Aragon, en plus d’être un grand poète, fut aussi un romancier hors pair, au grand dam d’André Breton. Déjà Aragon se distingue de ses camarades.

1922, échec a l’examen de médecine. Il n’aura pas a choisir entre celle-ci et la littérature. La même année, il publie « les aventures de Télémaque ». Une approche moderne d’une aventure on ne peut plus classique, notre poète essaiera toujours de concilier tradition et modernisme, toute son œuvre en témoigne.

Puis, en 1924, pendant que Breton publie le « manifeste du surréalisme », Aragon, quand à lui, fait éditer « le Libertinage ».

Pendant plusieurs années, Aragon est plongé dans le surréalisme. Il participe a diverses manifestations surréalistes, publie des recueils de poésie tel « le mouvement perpétuel », tout en continuant a être prosateur avec « Le paysan de Paris ».

Il publie son manifeste, le « Traité du style ».

louis.1930.jpg (5361 octets)

en 1930

De 1926 a 1928, il vivra avec Nancy Cunnard. Elle le quittera lors d’un voyage à Venise. C’est avec elle, qu’il détruira les pages de son romans « La défense de l’infini » dans un hôtel madrilène. C’est aussi pendant cette période qu’il finira par adhérer au PCF , en compagnie de Breton et d’Eluard. Ceux-ci n’y resterons que quelques mois.

Après un tentative de suicide, la vie reprend son court, il s’installe rue du Château, lieu ou vécurent notamment les frères Prévert, des amis d’enfance. Il rencontre Maïakovski, puis Elsa Triolet la belle sœur du poète russe.

Il commence a se détacher du surréalisme. Après la publication de « front rouge » que Breton qualifiera de poésie de circonstance, ce que revendiquera Aragon et une série de pamphlets (« spécialité du chef de file du surréalisme ») qui ne feront qu’envenimer leurs relations déjà tendues depuis des années, la rupture sera définitive.

Jusqu’en 1939, sa vie sera jalonnée par plusieurs voyages en URSS, ce sera une vie de militant, de défenseur du communisme. Il accueille à la frontière des républicains espagnols et militent pour la défense de la culture.

Le 28 février 1939, il se marie avec Elsa, la femme de sa vie. Il s’éloigne des communiste en prônant un pacte entre France, Angleterre et URSS, alors que se signe le pacte germano-soviétique.

wpe6.jpg (4468 octets)

Elsa

En septembre, il est mobilisé et affecté comme médecin auxiliaire. C’est pendant cette période, qu’il écrit les poèmes du « crève-cœur », premier recueil apolitique depuis bien des années.

En 1940, Il commence la publication des « voyageurs de l’impériale » a la NRF, revue dirigée alors par Drieu la Rochelle. Puis c’est le tour de la « rime en 1940 » ou il prend la défense d’une poésie « classique ». Le texte va en fait beaucoup plus loin qu’il n’y paraît car en défendant la tradition en une tel époque, il s’oppose nettement au visées du nazisme et de son homologue le communisme qui prétendait tout deux dirigé la vie culturelle.

Cette même année, il reçoit de nouveau la croix de guerre. Aragon a toujours été, quoique l’on dise, un combattant. Tout les témoignages montrent que la peur de la mort n’a jamais été sa préoccupation première. C’était un chevalier au sens que donne le cycle du Graal a ce mot , toujours près a défendre l’Elue de leur cœur et a partir au combat si cela s’avère nécessaire.

En 1941, il renoue avec le PCF clandestin. Drieu la rochelle cesse la publication des « voyageurs de l’impériale » à la NRF.

Aragon et Elsa sont arrêtés par les allemand sur la ligne de démarcation, ils seront emprisonnés a Tours. Ils sont finalement relâchés et vont s’installés a Nice.

C ‘est l’époque de la résistance. Aragon, a l’instar d’Eluard, fait parti de ceux qui dans l’ombre ont résister a l’Allemagne Nazie. Pendant cette périodes naîtront les textes célèbrent comme les « yeux d’Elsa » ou « la rose et le réséda ».

Aragon sera un résistant actif, en 45 il suit De Gaulle dans son voyage en Alsace et en Lorraine. C’est aussi a ce moment qu’Elsa obtient le prix Goncourt pour son roman « le premier accroc coûte deux cent francs ».

wpe5.jpg (4258 octets)

Les années après guerres sont liées a L'histoire du PCF. Jusqu'a la mort d'Elsa en 1970, Aragon ne publiera plus de grandes œuvres polémiques... Par contre, c'est pendant ces années là que naîtrons : "Le roman inachevé", son autobiographie poétique ; "Les Poètes", son histoire de la poésie, et surtout "Elsa" et "Le fou d'Elsa" deux textes dans dans la tradition de l'amour poétique et en même temps si novateur.

Après la mort de l'Aimée, Aragon continuera son œuvres a la foi poétique et politique mais sa détachera bien des fois du communisme "pur et dur"  notamment en protestant contre la déchéance de nationalité du musicien Mstislav Rostropovitch ou en condamnant le trucage du suicide du fils de Nezval, le Poète Tchèque. Protestations qui lui valurent une forte mise en garde ses dirigeants du PCF, et surtout qui se traduisirent par une cessation du soutien financier aux journal qu'il dirigeait depuis l'après guerre "Ce Soir".

En 1981, Mitterrand lui remet la légion d'honneur. Peu de temps après paraissent des "Adieux" :

 

Jeunes gens qui parlez tout bas
Quand je passe
Écoutez s'éloigne mes pas...