On est pas serieux quand on a 17 ans, disait le poète en son temps. Peut-être avait-il raison.

Je me souviens qu'a cet age ingrat, j'avais, avec quelques-uns de mes amis d'alors, fait la promesse de ne jamais oh grand jamais, acheter d'album de Johnny Halliday.

Nous avions en horreur ce qu'il représentait, de sa musique pseudo-rock, copie de succès américains.

A cet age, aux prémisses d'une vie d'adulte, Johnny était pour nous l'incarnation du beauf, de cette France qui se rassure avec des "nous avons nous aussi notre Elvis". De cette France qui a loupé la révolution pop'n'rock et se rachète une image en créant un rockeur-copieur local.

C'est con, mais je fais partie de la génération Téléphone, Thiéfaine, Higelin, sans parler de Ange.

Pour nous Johnny c'était de la soupe face au débordements créatifs de ceux ci.

Il y a maintenant 17 ans que je n'ai plus 17 ans, et si je n'ai pas changé d'avis quand a la musique de Johnny, j'ai appris a respecter le personnage, a respecter son charisme. Il fait partie selon moi des artistes qui ne sont peut-être pas de grand créateurs, des novateurs, mais qui ont su rester humain, proche de leur public.

Je n'achèterais toujours pas d'album de Johnny (faut pas trop en demander tout de même), mais je dis tout de même chapeau l'artiste, car a 2 fois 17 ans on est un peu moins extrémiste, et peut être un peu plus serieux (?)