Chrysalide de Feu

CATELIN Michel


Requiem pour un funanbule aveugle






Nous galopions, ivres, dans les plaines verdoyantes, au bord des falaises abruptes, le long des lacs, des rivières. Ivres de conquètes, ivres de vitesse, ivres de pouvoirs. Armés de silex, puis de fer, toujours plus puissant, guerriers, conquérants. Nous étions de dangereux vagabonds aux coeurs vides

De longues auréoles d'amertume se sont répandues sur nos têtes génératrices d'infanticides, génocides et autres homicides que rythmaient nos soifs de boissons morbides.

Le jour a stoppé notre course nocturne.


Alors, la pierre à l'épaules : nous avons élevés des citadelles pour nous protéger, et, dans un élan de spiritualité nous avons batis des temples, des sanctuaires servant d'excuses à nos vies destructrices.

Toujours plus haut, toujours plus de fastes, plus de masques architecturaux : subterfuges au vide de nos vies passées à oublier l'essence même de l'existence, de notre existence.


Conquérant de l'absurde, constructeurs de l'inutile, aveugles !
o aveugles que nous étions : le monde était à nous mais nous n'étions pas à lui.


Ils nous faut maintenant apprendre a vivre et reporter notre soif, nos énergies sur la quète de nous même.
Galopons, galopons mes frères vers les sombres contrées de nos rèves.



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chant des particules
articule
des culs
de plutonium
des verbes
d'uranium
o synergie
energie
masse
folie


bombe boum bombe puissance
bombe tombe bombe absence

épée de vies posthumes
morts en clapiers
plus rien ne fume
mort enfants estropiés
rève de bétons
illusions

chants d'horreurs
champs d'honneurs
o vertu
des nécrophages nu
obscènes
au devant de la scène

laissez nous

nous voulons vivre

nous voulons vivre

nous voulons vivre

nous voulons vivre

VIVRE VIVRE VIVRE



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Hydrogène départ


explosion / big-bang / lumière

lente éclosion / érosion du réseau

Oxygène départ


silice / abysse / esquisse

route des eaux / zoo divin?

Arborigène départ


esprit / envie / âme

structuration / construction / conquètes

Pathogène moteur

magique / éthique / politique / technique / clinique

urbanisation / expansion


ad libidum ad libido ad libid'hommes




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Tout ces rèves oubliés qui hurlent la nuit
Comme des chiens au fond de leur niche obscure

Tous ces rèves qui avancent en procession
Silencieuse - incolore - inodore

Toutes ces milliers d'impuissances
Groupées sous les banderolles de l'ennui

écoute

écoute leurs pas
au fond de tes pensées
au fond de la ville
au coin d'une rue
d'un regard
absent

écoute leurs pas lourds
terrassés par l'enclume de nos pesanteurs

Tout ces rèves-enfants qui se jouent des automobiles
une marelle pour l'eternité ?
un parcours à cloche pied entre les cases-espoirs
une route un chemin entre les carreaux d'un costume parfait

Tout ces rèves ont un jour sondé le flot de tes paroles
comme une supplique
un réquiem pour un funambule aveugle
Esprit-structures

esprit-structures avancant au coeur du cosmos
esprit-structures dansant sur l'esplanade océanique
esprit-structures chantant des hymnes intérieurs
des milliers de bulles de savons
des milliers de mondes lumières
accostent le rivage de mes oreilles
parlent à mes yeux
dessinent le décors de mon odorat
imaginent le toucher corps accord
gout sculpté par le rève
esprit-structures
issus d'orchestres intestinaux
du centre
esprit-structures
mise en oeuvre de soi




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mornes saisons du coeur
imprégnant mon être de leurs odeurs
traits de lumière sous une porte
battant la nuit

de resplendissants soleils
ne me feront pas oublier
ces pesantes heures ou l'atmosphère
semble effleurer mon corps inassouvi

mon corps désirant
de nouvelles errances
de nouvelles transes
exigeant de nouvelles routes
ou je trainerais mon ame et mon coeur
exigeant le quète de possibles futurs.



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Deux lignes de vies
Unies sur un seul sillon
Percoivent d'une même source
L'écho-univers de la foule

Ligne de vie ligne de coeur
Main dans la main
Sourires complices
Forgeons le destin
D'une étoile dans l'aurore

Fuyons le vide des séparations
O mon amour
Nos deux lignes se mèlent
Sur l'echeveau des Parques
Union coeur corps futur
Vie




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Corps en transe
danse de vie
danse de mort
insomnie
à l'ombre de mes pensées
se dessinent les griffes de ma parole
celles qui aimeraient arracher les masques
celle qui aimerais devenir apocalypse
révélation du coeur du corps de l'ame
esprit révolté révolutionnaire
insoumis à l'indifférence
Liberté ! Vie !
cri de l'amour en filigrane
de mon être
toujours



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Elle faisait les comptoirs
comme d'autres le trottoir

Elle faisait les mauvais soirs
comme d'autres les armoires

Elle chantait sa haine
comme d'autres leurs peines

Elle faisait l'amour
comme d'autres la cour

Femme d'un sourire
Femme d'un verre
Un soir pour en finir
avec aujourd'huis avec hier.




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Regard obliques
sourires mesquins
homme de peu
homme de rien
homme publique
malheureux
qui te croit heureux
tu donne ton ame
à Paname
pour l'argent
la folie du temps
Poème du chaman qui entre à l'académie

J'entre par la grande avenue aux têtes de morts
celle ou défilent les costumes monotones (mais si bien repassés)
habits d'un corps se mutant lentement en cire
que mon feu intérieur fait trembler
(o impertinente jeunesse)
et je pousse mon cri rauque
aooooooooo
et je danse pour l'esprit
je m'exhibe cri bave hurle
o corps à corps
musique envol chamanique
des os à Oz
toujours plus près de la cascade des sens




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Que restera-t-il de nous
une fois que le temps aura fait son oeuvre
une fois en dessous de la terre
vidés de notre sang
loin de nos désirs
de nos peurs
obscures

Que restera-t-il de nous
si ce n'est quelques bribes
d'amours et de haines




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Reptiles en farandoles
o jolie demoiselle
reptiles aux danses folles
ivres ivres de joies
jolie demoiselle je suis là

Serpents ailés, joyeux quadrille
mademoiselle regardez-moi
quadrille et claquettes de lezard
mademoiselle mademoiselle
je vous en prie écoutez-moi

Valse des tortues endormies
o jolie demoiselle
ne me voyez-vous pas?
tango des iguanes sac à main
robe noire o jolie demoiselle
rock'n'roll chaussures noires

Caîmans amoureux
tournant autour de votre corps
funk dance'music
reptiles aux coeur froid
o jolie demoiselle
qu'allez vous faire
avec ces serpents au sang froid

o jolie demoiselle
regardez-moi
je vous aime.



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comme un cri déchire l'horizon
comme une larme déferle dans l'océan
comme une vie s'invente des liaisons
comme un drame génère le sang
nous allons tous au delà
du temps de l'espace
en procession
éternellement

nous avancons
homme femme enfant
poète ou financier
artiste ou PDG
qu'importe la mort nous attend
vivons maintenant
maintenant



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cravate de pendu
noeud serrant un cou de papillon
costumes bien coupés
comme la tête des anciens persécuteurs
echaffaud se dressant dans nos coeurs
mornes normes infanticides
bagne d'une vie régulée par l'image
il n'y a plus de génocides visibles
tout est stylisé
éthique monétaire
nous menons à l'echaffaud les derniers vivants
prenons garde de ne pas êtres des leurs
reveillons nous à la vie



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Les mots que l'on cachent
de peur d'être ridicule
de peur d'être pour un jour
par manque de vie d'amour

Il faudra bien les dire
avant de mourir

Les cris que l'on rentrent
à l'intérieur de son ventre
comme autant de poignards
des desespoirs

Il faudra bien les dire
avant de mourir

Détachons les chaines
de nos âmes incertaines
pour nous et ceux qu'on aiment
fuyons les regard blèmes

Il faudra bien les dire
avant de mourir

Etre enfin libéré
des chaines du passé.



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Rien au monde ne me preservera du destin
rien au monde ne déviera ma route
je suis tel un clown faisant son tour de piste
qu'aucune pirouette ne fera oublier qu'il joue
qu'il est exilé en soi
en son corps en sa vie
loin de l'image du rire qu'il donne

Rien au monde ne me fera oublier ce que je suis
homme conscient de son impuissance
homme conscient de sa puissance
homme je suis homme
exilé du rève divin
quand bien même la foule m'entoure
quand bien même l'amour me prend
quand bien même l'amitié me rechauffe
exilé exilé je suis seul en moi

il y a en mon âme un espace
un gouffre
ouvrant sur l'infini de mes constellations
arcanes de l'espoir

il y a en moi de la glace
protection contre les feu-follets

il y a en moi de la chaleur du feu de l'amour
et la vie et la mort une puissance une entropie
une énergie qui me pousse et m'effraie



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au centre de la pirouette
au coeur de la peinture
tu pleures

barricades de symboles mort de faim
procession de poupées sans yeux
marche marche il faut leur dire
il le faut

la folie te menace la folie
toi l'ordre toi la méthode
tu as peur

souffles et vent de révoltes passions
hurlement de joies cri d'amours
marche marche il faut qu'ils sachent
il le faut

au centre de nos vies
ton règne se fissure
tu voudrais tout détruire

éclatement de rires de l'enfance
sur le tissus de nos vies
emmelées
marche marche il faut qu'ils comprennent
il le faut

lentement tu t'evapores
toi l'ancien culte toi l'ordre la morale
tu agonises

brandissons les étendards de l'amour
allumons feux du rève
marche marche il faut qu'ils vivent
il le faut








dansons dansons
aimons aimons
brulons detronons
les photos de ces vies sans joies
dessinons à la place
deux amoureux deux fous
nains elfes fées ou gnomes
peu importe
madame imagination et ses joyeux drilles
décapitons l'austérité

au centre de nos pirouettes
au coeur de nos peintures
à l'esprit de nos mots
allions l'ame de nos amours



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Je me suis accroché à la dernière idole
je l'ai serré si fort qui le sang a jailli de mes mains
ces mains incapables de la moindre caresse
tellement elles tremblent de haines de peurs

o douce fée aux mains azur
femme aux sourires oniriques
aide moi aide moi


tout mon corps a épousé la forme
fils de rien ou de si peu
elle était le dernier transfuge
face au desespoir à l'indifference

o douce fée aux mains azur
femme à la tendresse
aide moi aide moi

ils ont tout détruit
ils ont cassés la structure de nos esprits
dynamités nos dernières balises
arrachés les racines de nos esprits

o douce fée aux mains azur
femme aux gestes architectes
aide moi aide moi

organisation paix sociale partage
votez votez mais pour qui mais pour quoi
que donnera-t-on à nos enfants
et que deviens l'être enfouis au fond de nos coeurs

o douce fée aux mains azur
femme génitrice d'espoir
aide moi aide moi






dois-je donc devenir un compte bancaire
dois-je oublier le plongeur lumineux
celui qui explore les espaces de l'imaginaire
que dois-je faire de mes rèves

o douce fée aux mains azur
femme que je veux pouvoir aimer
aide moi aide moi

Je me suis accroché à la statue
la statue de la liberté
mes mains pleurent la vie
hurlent l'amour

tu me regardes

je me souviens ou peut-être imagine
un temps avant les mutations massives
avant les grandes murailles de l'esprit
les murs de la honte vendus aux marchand du temple
avant les grandes propagandes sponsoring simili-humanitaires

tu m'observes

ou sont donc les hommes ?

je vois des hommes bureaux des hommes machines
des hommes à têtes de marteau
des hommes aux mains cisailles
hommes aux coeurs holding
sang building main spaciales
oreilles atonales sexe dancing
numéro
absent

qu'allons nous devenir
que deviendras notre amour
notre enfant
aide moi AIDE MOI
a croire de nouveau



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Visages
qui avancez au coeur de la foule
sourires aux lèvres
un galop lyrique
enflamme vos yeux
vos voix
vos mains qui se tendent
vers un avenir
aussi un
aussi multiple
que des centaines de routes

visages visages
de femmes d'hommes
visages d'enfants
visages d'avenir

il faut aimer



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au coeur de supergénérateur
les mots se culbutent
énergie
mouvement

passe un poète
le corps illuminé
la tête invisible

fission
passion
accouchement

un fantome armé d'une main stylo débite de longues tirades au lyrisme morbide

gentes âmes de la caste humaine
écoutez écoutez
on parle de vos ombres

1.

o toi fils du soleil fils de la lune
o toi enfant du désir humain
que fais-tu donc en compagnie de ces sombres créatures
ou donc est passé ta fierté
ne vois-tu pas leurs mains opaques te manipuler
comme une marionette
un pantin incapable du moindre geste
dans quelle errance dans quel no man's land es tu pour accepter ces fils qui dirigent la danse de ta vie

2.

O navigateur
chanteur des mers
combien as-tu amasser de coquillage dans te courte vie
(monnaie d'échange dis-tu...)
ne vois-tu pas que tu uses ta vie sur ce navire
que tu nourris ta mort pour de sombres plaisirs
au nom de quelle créatures emousses-tu ainsi ton âme

3.

et toi
toi l'artiste
crois-tu tant en ta muse pour en être l'esclave
tu t'érige en demi-dieu
en inspiré suprème
oublis-tu que tu es homme
tu n'es pas ton oeuvre
tu n'es que le porte parole de l'ombre

4.

homme de peu de vie
il ne passe pas un jour
pas une nuit
(centre générateur de rèves-boués)
sans que vous ne pensiez à elles
sombres créatures femmes idéales
mères soeur et prostitués
sombres créatures d'ombres et de lumières surnaturelles
vous êtes sous leur coupes

5.


divine comédie de l'irresponsabilité
chacun se cache
chacun se fuit
explique ses vices ses erreurs
comme une marionette inconsciente
chacun hurle le message qui réconforte :

que me dites-vous là ?
tout le monde fait comme moi
n'as-je point raison ?

6.

o toi fils du soleil fils de la lune
o toi enfant du désir humain
comprendras-tu que tu es unique
UNIQUE
au coeur du supergénérateur
les rèves se culbutent
énergie
mouvement

un bébé cri dans la nuit




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